On trouve parfois au détour d'un bac à solde de véritables pépites auquelles la qualité présumée du support Dvd fait malheureusement défaut. On serait donc en droit d'attendre vu le dos de la jaquette flashy ci-dessous un master 4/3 et une seule Vf...

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Que nenni, le Dvd propose un master 16/9 au format 2:35 respecté que seules quelques griffes viennent entâcher en fin de bobine. L'image savère donc colorée, détaillée ... en fait très loin de la Vhs présumée. On ne peut alors que se réjouir d'y trouver non seulement la Vf DD 2.0 mono ( assez métallique et sujet à saturation ) mais également la Vo d'origine en DD 2.0 mono ( Bien plsu agréable à l'oreille ) acompagnée de sous-titres français.
Hannie Caulder puisque c'est son véritable nom, nous offre un western atypique réalisé en 1971 par Burt Kennedy ( La Caravane De Feu, Le Retour Des 7 Mercenaires ). Western british de par ses origines, Hannie Caulder puise pourtant ses véritables racines dans le western italien en mélangeant à une histoire de Rape Revenge tous les éléments du style ibérique en terme de symbolique (
Keoma ), de violence (
Mannaja ) ou d'humour (
Trinita ).

En préambule le spectateur est embarqué par le réalisateur sur la piste de trois frères bandits de grand chemin menés par l’excellent Ernest Borgnine ( New York 1997 ), qui sont aussi doux, gentils et intelligents qu’aptent à réussir leurs coups. Ceux-ci finissant toujours en carnages, sans un dollar trouvant leurs poches. Ils n’ont alors de cesse de courir après leur prochain méfait et une hypothétique réussite.
C’est cette course, qui, la police aux trousses les pousse vers le sud et un relais de chevaux pour diligences éloigné de tout Relais dont ils abattent de sang froid le propriétaire, profitent des provisions et de la jeune, jolie et fraîchement veuve Hannie incarnée à l’écran par la sublime Raquel Welch tout de charme et de fragilité à cet instant.
Molestée puis violée par les assassins de son mari, elle est laissée pour morte dans le relais incendié par les criminels, c’est sans compter sur son courage et sa détermination à la vengeance… car après avoir donné sépulture à son mari, elle par en quête d’une personne qui pourra l’aider à accomplir celle-ci.
C’est un mystérieux pistolero, Thomas Price ( qui n’est pas sans rappeler le personnage de Fonda dans
Mon Nom Est Personne ) que le destin met sur son chemin. Il faudra pourtant une détermination sans faille à Hannie et un pacte avec le diable ( La scène où elle est prête à lui donner ce que les violeurs ont pris de force… ) pour que Price accepte finalement de l’emmener, elle, victime et à demi-nue pour un périple la menant sur le même cheval qu’un mort à la prochaine ville.
Le réalisateur va alors creuser plus avant la relation s’installant entre les deux protagonistes. Les aspirations de chacun étant modifiées dans leurs fondements mêmes pour n’être plus que lier que par Eros et Thanatos… l’un devant prendre le pas sur l’autre. Ce qui n’est pas sans rappeler le sublime
Dernier Face A Face de Sergio Sollima.
Si Price mène Hannie sur le chemin sans retour de la vengeance, il n’aura de cesse de la mettre en garde, de lui expliquer qu’au final il n’y aura pas de gagnant. Le discours se fait alors crépusculaire, emprunt d’une mélancolie et d’une noirceur de propos que seuls contrebalancent un humour sexy ( Welch et son pantalon ) ou digne des Stooges ( Les sempiternelles disputes entre les 3 frères hors-la-loi ).
Sous couvert de divertissement, la réflexion est donc de mise. Elle est encore plus accentuée par la découverte d’une oasis, d’un Eden pour ex-tueur en lequel Hannie et Price se rendent pour offrir à sa vengeance, un instrument à sa mesure ( Remember le Kill Bill de Tarantino ).
Le fabriquant de cet arme, ce colt destiné à atomisé nos 3 salopards n’est autre que Christopher Lee dans un rôle bien plus humain que ceux qu’il incarnera nombre de fois dans les productions gothiques de la Hammer. Fabriquant d’arme retiré au Mexique après la guerre de sécession, celui-ci n’aspire plus qu’à créer des pièces d’orfèvreries et à voir grandir sa famille plus que nombreuse.
C’est donc dans ce cadre de rêve, en bordure de l’océan que le scénariste décide de plonger Hannie entraînée durement par Price. La belle fait des progrès, devient rapide mais l’atout majeur n’est pas là car, la possible naissance d’une idylle, d’un retour à la normale reste un rêve trompeur soufflé par l’apparition d’un cavalier vêtu de noir, anonciateur de troubles. Troubles apparaissant sous la forme d’une bande mexicaine qui abreuvera de sang cette plage où les espoirs de chacun semblaient permis… Alors que Price sauve Hannie ne pouvant se résigner à tuer de sang froid un agresseur, le destin est scellé.
L’heure de la vengeance approchant, c’est Price qui décide d’être l’outil de la vengeance d’ Hannie. Un outil qui s’avère bien inutile car l’envie, le savoir tuer n’est plus la composante majeur du personnage qui poignardé, meurt dans les bras de sa belle…
Le cœur brisé de celle-ci va alors décupler sa soif de vengeance envers ceux qui lui ôtent ses êtres chers. Le salut ne passera que par l’élimination de ces trois frères, de ces trois salopards de la manière la plus brutale qui soit. Malgré les blessures et les épreuves elle n’aura de cesse d’appliquer sa sanglante vengeance avec style et sans concession à l’instar de l’homme sans nom de la trilogie des dollars de Leone.
Le réalisateur renvoie alors implacablement la violence des mises à mort superbement orchestrées aux scènes crûes du viol de son héroïne, qui n’exprime plus dès lors qu'un sentiment la vengeance.
Le dernier piège qu’elle instaurera ne piège pas seulement Borgnine.Il fixe son destin. Elle est tellemtn liée à la mort que celle-ci envoie son messager lui porter mais forte alors que la voix de Price résonne en elle d’un cri funeste car chaque balle qu’elle tire représente un peu de son humanité, de son salut qui meurt…
Kennedy clôt alors son métrage sur un plan d’une noirceur crasse pourtant nimbé de la lumière du soleil où l’on voit l’homme en noir chevauchant derrière Hannie Caulder. Aucun retour en arrière n’est plus possible pour elle, car la vengeance lui a tout pris. Ni vie, ni amour, seule la mort la suit…
Bien avant le
Mort ou Vif de Raimi ou le
Impitoyable de Eastwood ( pour son ton mélancolique ), Kennedy avec ce Colt Pour 3 Salopards offrait au cinéma non seulement une héroïne de western aussi belle que mortelle mais également un final crépusculaire comme peu de métrages savent encore en offrir aujourd’hui. Passer à côté serait un crime.

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"On ne lègue pas la terre à nos enfants ce sont eux qui nous la prête"